La plagiocéphalie est la déformation du crâne du bébé, caractérisée en particulier par une asymétrie du crâne et de la face. Peut être causée par une nuque raide, congénitale ou acquise dans les premiers jours de la vie, mais le plus souvent par une position prolongée sur le dos, toujours le même coté de la tête au contact du matelas. Cette recommandation de la position couchée sur le dos fut stricte en raison de la suspicion de la fréquence de morts subites du nourrisson lorsqu’ils étaient couchés sur le ventre. En fait il a été prouvé que cette mort subite a une raison non idiopathique (aucune cause connue) et que la position n’a aucune incidence, mais ceci n’est pas notre sujet ici.

Sans traitement la plagiocéphalie peut évoluer jusqu’à l’âge adulte. À côté de l’aspect esthétique, cela cause des distorsions du crâne et de la face, ce qui déforme aussi la mâchoire, avec des incidences négatives sur l’occlusion (ouverture, fermeture de la bouche) la vision, l’audition, la succion, la mastication, l’implantation dentaire, l’orthophonie (l’articulé surtout). Au niveau postural, possible scoliose, adaptative, mais parfois, malheureusement, compensatoire, avec de nombreuses conséquences néfastes.

Des études françaises ont démontré l’augmentation impressionnante du nombre de plagiocéphalies ces dix dernières années. Deux études canadiennes ont montré que 46% de bébés étaient concernés en 2013 contre 22% en 2004. plus du double en 10 ans! Sans doutes des chiffres similaires en France, pour information.

La recommandation du décubitus dorsal est de toute évidence la cause majeure, pire avec l’utilisation de certains gadgets (sic) comme des blocs latéraux, des blocs crâniens, des matelas « cocooning » qui créent de plus grandes compressions sur le bébé, la partie crânienne reposant sur le matelas étant plus et plus longtemps comprimée en fait.

Mais ils existent des solutions, la prévention étant la plus importante bien sûr.

Pour les cas les plus sévères, un casque moulé au crâne du bébé peut être envisagé, mais l’efficacité est fortement mise en doute; il n’est absolument pas logique de traiter une compression en infligeant une compression, plus importante de fait.

La chiropraxie, la physiothérapie (kinésithérapie en France) vont plus particulièrement travailler sur la posture du cou, de la colonne, du bassin.

L’ostéopathie va avoir une approche, en fait, plus globale, en connexion avec les techniques précédentes, en ajoutant des techniques crânio-sacrées, externes et aussi intra buccales. Avec toujours les mêmes principes immuables, test-correction- re test; pour en finir une fois pour toutes avec ces débats stériles entre les différents apprentissages professionnels, nous ne nous opposons pas, nous nous complétons.

La partie préventive qui est également correctrice,concerne les recommandations de positionnements. Pas invasif et en relation intime avec les parents, premiers concernés bien sûr.

Changer fréquemment la position, par exemple sur le dos la nuit (pour ne pas heurter les susceptibilités médicales), mais en inversant le sens du bébé d’une nuit sur l’autre. De cette façon l’accès des parents se fera alternativement d’un cote et de l’autre, le bébé tournera donc la tête vers la droite ou la gauche selon le côté d’ou viennent les parents. Le jour, coucher le bébé sur l’un et l’autre côté n’est pas un problème; un nouveau-né ne peut pas se tourner seul sur le ventre à partir de la position fœtale, et, quoiqu’il en soit, cette position ventrale n’est pas un souci avec la présence des parents. Alterner le port du bébé d’un côté et l’autre lors de l’allaitement, ou simplement pour le porter afin de le « pouponner », le contact parents-bébés est un merveilleux médicament en soi.

La plagiocéphalie n’est pas une fatalité, ni n’est irréversible. En général, de montrer un bébé à un ostéopathe (France et Québec, ici Osteopathic Manual Practitionner) pour une évaluation en prévention, comme c’est le cas pour les adultes, ne fera jamais de mal. Cela permettra de constater si tout prend sa place normalement, de la vie embryonnaire jusqu’au développement physiologique et la croissance; des membranes, os du crâne, la mobilité, le(s) rythme(s)… Et, en cas de dysfonctions, digestives, de sommeil, posturales, plagiocéphalie par exemple le professionnel va restaurer les équilibres requis et référer aux professionnels indiqués si nécessaire, en rassurant les parents dans leur situation de responsabilité de la santé future de leur enfant, tout en les aidant à déculpabiliser.

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